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Thierry Trebouet, de l’artiste engagé au chef d’orchestre

De temps à autre, Thierry Trébouet troque la clarinette pour la baguette de chef d’orchestre.

Arrivé dans les rangs de la Société musicale en 2013, Thierry Trébouet a su raviver la flamme auprès des musiciens et de leur public.

Du Mans jusqu’en Palestine, Thierry Trébouet a finalement atterri à Dourdan en 2013

La carrière de Thierry Trébouet est à l’image d’une partition de Robert Schumann : riche et diversifiée. Né au Mans en 1982, il s’est essayé à la clarinette dès ses 13 ans. Au fil du chemin empreint de musique qu’il va parcourir, le jeune artiste va croiser la route de grands noms de la musique, et particulièrement en matière de clarinette. Après avoir suivi un cycle d’étude au Conservatoire d’Angers, aux côtés de Serge Dangain, il poursuit sur sa lancée en intégrant les cours de Véronique Fèvre au Conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés. Les récompenses viendront à pleuvoir au fil du temps, à commencer par les 1er prix de clarinette et de musique de chambre que le jeune artiste a obtenu.

Par la suite, il a suivi les master class des clarinettistes français Michel Arrignon et Florent Heau. Musicien d’orchestre, clarinette solo au coeur de l’orchestre OstinatO se produisant dans le prestigieux Opéra comique de Paris et, également, au sein de l’orchestre principal des Troupes de Marines, Thierry Trébouet s’exporte à l’international au travers des représentations en Chine, en Inde ou encore au Canada. Chambriste, le jeune artiste s’est ensuite fait une place au sein du quatuor de clarinettes « Les Désanchés » avec lequel il se voit récompensé du prix d’Honneur du Tournoi international de musique de chambre de Vérone et à la suite duquel il va enregistrer un premier CD du nom de « Rencontre ».

Direction la Palestine. En 2002, il s’allie au violoniste palestinien Ramzi Aburedwan pour concrétiser un projet qui lui tient grandement à coeur : mettre en place des ateliers musicaux en Palestine avec, à terme, l’objectif de créer une école de musique dans les territoires occupés. Durant une année, Thierry Trébouet a enseigné son savoir musical dans les villes de Ramallah et Naplouse. Enrichi de cette expérience unique, le clarinettiste a vu sa manière d’appréhender son art évoluer au fil du temps et livre désormais un message d’espoir et de paix par-delà les frontières.

La flamme doucement ravivée

Titulaire du diplôme d’enseignement artistique ainsi que du certificat de musicien d’orchestre professionnel, Thierry Trébouet a fait son arrivée en 2013 dans les rangs de la Société musicale de Dourdan où il exerce actuellement en qualité de directeur musical de l’orchestre d’harmonie, en parallèle de son poste de professeur de clarinette au sein du Conservatoire de la ville. Fondée en 1873, la Société musicale a soufflé ses 140 bougies en 2013. A cette époque, bien que traditionnelle aux yeux des Dourdannais, l’association musicale peine à attirer les musiciens et à réunir son auditoire. « Il n’y avait plus que six musiciens lorsque je suis arrivé, c’était en voie de disparition », explique Thierry Trébouet, avant de poursuivre : « Historiquement, la Société musicale jouait des musiques militaires. C’était un Orphéon . L’activité a été interrompue à deux reprises, pendant la 1ère et 2nde Guerres mondiales, lorsque plusieurs musiciens ont été envoyés à la guerre ». Dès son arrivée, le clarinettiste s’est alors rapproché du conservatoire, dans l’espoir de mobiliser des musiciens intéressés. « On a vite été une quinzaine. Aujourd’hui, nous sommes 35 », indique-t-il.

La troupe étant constituée, Thierry Trébouet s’est investi d’une autre mission en parallèle : regagner l’intérêt complet des Dourdannais et des amateurs de musiciens aux alentours. Un premier concert est alors organisé, sur le thème des musiques de films, suivi d’un second concert centré sur des sonorités pop alliant les Daft punk à des artistes comme Mika. Le regain d’intérêt commence à se faire sentir dans la ville. En 2016, le chef d’orchestre a pris plaisir à guider les 35 musiciens de l’association au travers du spectacle Terre de fanfare, prenant alors le spectateur par la main pour l’emmener faire un tour du monde des fanfares, allant des pays de l’Est jusqu’aux continents américains et africains. À l’occasion du quatrième concert de la Société musicale, les spectateurs ont pu profiter d’un concert « best-of », reprenant tous les hit parade du moment. Si les quatre spectacles ont été vivement applaudis, le concert de 2018 a fait l’unanimité auprès du public.

« Exils », de l’émotion brute partagée en musique

Créée de toute pièce par Thierry Trébouet, la pièce nommée « Exils » n’a pas manqué d’émouvoir son public, positivement remué par la prestation. Pour obtenir un tel résultat final, un travail de longue haleine a été mené par le clarinettiste lui-même ainsi que les musiciens et artistes qu’il a su entraîner dans l’aventure : « Il y avait des pièces très dures, mais nous avons beaucoup travaillé et ça a bien marché », confie-t-il. Pour créer ce spectacle vivement salué, Thierry Trébouet a réuni des textes déjà existants et en a rédigé d’autres. « C’est devenu “Exil” suite au décès du dernier président de la Société musicale, Michel Charreron, son exil à lui est devenu le nôtre, il fallait rebondir… Par ailleurs, “Exil” est un thème d’actualité. Je l’ai abordé de manière poétique, sous forme de réflexion », explique-t-il.

Au fil du spectacle, des textes Georges Pérec avec Ellis Island, de Ray Bradbury avec ses classiques Chroniques martiennes, de Stéphane Hessel avec « Indignez-vous » et de Thierry Trébouet lui-même se sont enchaînés sous le regard émus des spectateurs. Ces textes se sont vus accompagnés par des musiques tirées de films et d’histoires criants d’espoir tels que la musique du film Amistad, de John Williams, et du film Exodus avec The Exodus Song ; une composition d’Ibrahim Maalouf et des chansons traditionnelles du Moyen-orient. Lors des deux dates de représentation, la Société musicale et les artistes ayant pris part au spectacle ont fait salle comble.

À 140 ans, la renaissance de la Société musicale

La Société musicale, ce sont des musiciens passionnés par leur art et motivés par les projets qu’ils mènent ensemble qui se réunissent chaque mercredi soir. Plus encore, la Société musicale, c’est une association qui lie les générations entre elles, de 12 ans à 87 ans. « C’est une sorte de laboratoire humain avec une mixité incroyable, c’est ça qui est très fort », plaisante Thierry Trébouet, comme empreint d’une certaine fierté. Traditionnelle pour les Dourdannais, au regard de son ancienneté, la Société musicale actuelle n’en reste pas moins le « bébé » de Thierry Trébouet : « Ça n’avait encore jamais existé de cette manière-là », justifie-t-il. « Il suffit de tirer le meilleur des gens, d’être empathique pour concrétiser les projets. Tant que tout le monde s’amuse aux répétitions, ça marche. Nous pourrions faire évoluer vers une plus grande diversité, mais nous sommes limités par le matériel. Le prix des partitions, notamment, vaut très cher, sans parler des instruments eux-mêmes », explique le clarinettiste.

Les Dourdannais retrouvent régulièrement les musiciens de l’association à l’occasion de divers événements tels que les commémorations ou encore, comme cette année, à la cérémonie des vœux du Maire. Après 140 ans d’existence, la Société musicale s’est vue renaître sous un nouveau jour. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, les concerts attirent, plaisent et, surtout, émeuvent. Voilà bien la preuve que la magie de la musique opère à Dourdan.