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Les enfants du levant

Publié le 3 juin 2019

3 représentations à la salle des fêtes pour cet opéra émouvant

Un projet pharaonique, avec plus de 250 élèves et musiciens sur scène, d’après le livret de Christian Eymery, sur une musique d’Isabelle Aboulker

L’histoire

En août 1850, une loi visant à régler les principes de détention des mineurs est votée.

Désormais les enfants abandonnés, orphelins et petits délinquants seront envoyés dans des colonies agricoles pénitentiaires jusqu’à l’âge de 21 ans, selon la gravité des faits qui leur sont reprochés…

En février 1861, une soixantaine de mineurs (dont les plus jeunes n’ont pas 6 ans) sortent de la prison de la Roquette à Paris et prennent la direction de la colonie agricole pénitentiaire de Sainte-Anne de l’île du Levant. Ils seront les premiers pensionnaires de cette colonie qui se transformera en véritable bagne. Les conditions de vie ineptes, la malnutrition, les sévices sexuels et la maladie faisant des ravages, une centaines d’enfants, dont quatre avaient moins de 10 ans, trouveront la mort.

Devant un sujet aussi fort, poignant et passionnant, Christian Eymery décide d’écrire une adaptation. Après 150 ans de silence sur cette  justice du XIXème siècle, Isabelle Aboulker s’inspire de cette sombre histoire pour écrire un opéra qui fut créé en 2001 par le CREA (centre de création vocale et Scénique d’Aulnay-sous-Bois).

Interview d’Angelo Schito, directeur du Conservatoire

Pourquoi avoir mené ce projet ?

L’objectif principal était de valoriser les CHAM. Nous voulions rassembler les différentes énergies des gens qui avaient envie de faire des choses, de monter un projet. J’ai été ému quand j’ai lu la partition des Enfants du Levant et, comme chaque année nous montons un projet concerté avec les classes CHAM, il me semblait que la thématique pouvait être développée dans les quatre classes à cette occasion. Comme disait Madame Lagier-Poubanne, principale du collège Condorcet, les enfants ont la chance de vivre en France aujourd’hui, alors que dans d’autres pays et dans d’autres circonstances, ils n’auraient peut-être même pas pu aller à l’école. La thématique s’inscrivait vraiment comme quelque chose d’important. Ce projet est une aventure sociale, mais aussi une aventure humaine, en plus de l’aventure artistique.

Comment avez-vous procédé ?

Durant l’été, nous avons fait un long travail de préparation notamment au niveau de la partition. Il a fallu réécrire, voire découper, certaines parties en fonction des instruments. Nous avons travaillé en concertation avec les professeurs du collège et les intervenants. Nous avons fixé un calendrier de répétition de tutti (répétitions générale, tous ensemble), tout au long de l’année (décembre, février, avril et mai). Nous avancions étape par étape sur ces œuvres-là. Nous avons rencontré quelques difficultés, comme un changement de lieu pour des raisons de sécurité ou des problèmes matériel et budgétaire mais, finalement, le filage était super. C’était trois beaux concerts et beaucoup d’émotions s’en sont dégagées.

Quelle va être la suite ?

Beaucoup de demandes ont émergé à la suite de ce projet pour que l’opération soit renouvelée, qu’une nouvelle collaboration de ce genre se fasse, dans le même genre.

Un projet ambitieux mais réussi

C’était un objectif assez ambitieux car la partition était très longue (1h15) et difficile, mais c’était également un objectif fort en raison de la thématique qui traite de la maltraitance des enfants. Nous voulions que tout soit appris par cœur. Aussi, le jeu d’acteur était important.

 

Les professeurs des écoles des classes de CM2 des écoles ont grandement participé au projet : Mmes Caillaud, Grima, Minot, Vanhove et M. Richard. Mais également les enseignants et les élèves de la SEGPA, les Services techniques de la Ville, les techniciens son et lumières du Centre culturel, les musiciens CHAM, les élèves du collège, les acteurs et régisseurs venus pour l’occasion.

Objectif du projet : mettre en valeur la classe CHAM, mais aussi travailler aussi avec les écoles élémentaires.

Durée du projet : le projet s’est monté tout au long de l’année. Il y a eu plusieurs interventions en milieu scolaire. Un travail a aussi été fait pour la partie théâtre avec une classe de 4e du collège. La SEGPA du collège a également été intégrée pour ce qui concerne la réalisation des costumes et des décors.

Équipe projet : les professeurs du conservatoire Corinne Buono, Hubert Charpentier, Marianne Le Gourrierec, Thierry Trebouet, M. Brandily, Gaëlle Solari et Paola Meloni. Les professeurs du collège et la directrice de la SEGPA, Mme Daleas, Nathalie Lefebvre-Maisongrande et M. Ombredane.

Montant du projet : environ 9 000 € de rémunérations des différents intervenants, de location de la partition (chiffrée à elle seule à 1 700 euros) et les droits d’auteur.

Témoignages d’élèves

Élèves de l’école Charles-Péguy

  • “Avant de partir, j’ai mis ma tenue remplie de thé et un pantalon gris. On a échauffé nos voix avec Nathalie. Les CHAM chantent très bien surtout les solistes et les acteurs jouent très bien surtout le moment où on va chanter la révolte.” (Inès)
  • “Pendant qu‘on chantait les yeux des gens brillaient. Il y eut aussi quelques coupures mais ça n’aurait pas été un spectacle sans les enfants.” (Shaïna)
  • “J’aimais bien quand on chantait une chanson et qu’après il y avait le théâtre. J’ai aussi bien aimé quand nous chantions tous ensemble.” (Martin)
  • “Nous étions en train de chanter quand je vois ma mère qui pleurait de joie, puis je vois le chef d‘orchestre nous faire signe de chanter plus fort.” (Khalil)
  • “Vers la fin du spectacle, on a chanté les goélands. Après, on a salué et on a eu plein d’applaudissements. Et puis, il y avait plein de monde, c‘était superbe.” (Angelina)

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