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75e anniversaire de la Libération de Dourdan

Publié le 28 août 2019

Le 25 août dernier, la Ville a commémoré le 75e anniversaire de sa Libération.

À cette occasion, plusieurs résistants ayant marqué l’histoire locale ont été mis à l’honneur.

Jean-Denys Chanson, certainement le seul survivant a avoir pu assister à l’arrivée des chars américains le lundi 21 août 1944, nous a livré son récit du jour de la Libération.

« Alors toutes les fenêtres s’ouvrent, la foule déferle auprès de ceux qu’ils espéraient, la joie est dans l’air, le délire gagne tout le monde, les hurrahs succèdent au Vive la France (…) »

Durant cette journée de commémoration, des gerbes ont été déposées à plusieurs endroits de la Ville, afin de rendre également hommage à Jean-Francis Noël, mais aussi à Gaston Lesage, Robert Benoist, Georges Deniau, Etienne Minot et Marguerite et Francois Debertrand.

« Dourdan aux volets obligatoirement clos, s’éveille sous un magnifique soleil, les cœurs sont angoissés par les menaces de destruction de la ville qui ont été annoncées. Dans la matinée, le tambour de la ville diffuse les derniers ordres des Allemands : interdiction de circuler, fermer portes et fenêtres. Tout cela ne sera que partiellement suivi. Quelle émotion nous étreint quand Marie-Rose Hochereau nous crie « les Américains ». Bien vite nous montons au belvédère et nous apercevons entre le moulin Lajotte, la Garenne, la colonne bruissante bigarrée d’innombrables couleurs. Il s’agissait de chars Sherman sur le capot desquels reposait un drapeau de couleur rougeâtre avec au milieu une grande étoile blanche, cette image restera gravée a jamais dans ma mémoire.

Peu de temps auparavant, Le lieutenant Blend, guidé par Jean Drot, s’avance avec cinq chars vers Sainte-Mesme, où il recueille deux résistants : Ragani chef de groupe et Loript, instituteur ainsi que Mr Malhomme, Directeur de la maison de retraite des anciens combattants de Villebrun. Pour éviter les barrages les blindés prennent la route départementale de Sainte-Mesme à Dourdan. Arrivés rue du Potelet, apercevant le pont de Saint-Arnoult, coupé, les blindés s’arrêtent : ils ont en vue l’ennemi, abrité dans des cabanes de jardin. On distingue des guetteurs dans les clochers. Le lieutenant Blend propose de téléphoner à l’aviation de soutien pour réclamer un bombardement. Drot et Ragani l’en dissuadent.

Tous deux s’avancent en éclaireurs, suivis par les chars ; ils descendent vers le Potelet, franchissent le pont non miné qui enjambe l’Orge et prennent la route de Bonniveau, que les Allemands n’avaient pas barrée.  La route est libre, cependant une section d’Allemands munis de grenades anti-char s’avance dans le boulevard Émile Zola vers la rue de Bonniveau, les membres de la résistance qui accompagnent les Américains sautent des chars et déchargent leur mitraillette. Les Allemands saisis se replient par le Boulevard Emile Zola, la rue Sarcey et filent rapidement vers Roinville. Pendant ce temps, une colonne de blindés plus importante est parvenue à proximité de Dourdan et a déblayé la route ; elle n’entre pas en ville et suit le boulevard du Nord, appelé dès lors.

Les blindés de Blend et Drot arrivent Avenue de Paris où on a pu voir, très peu de temps avant, filer en colonne un par un et rasant les murs les derniers soldats ennemis. Alors toutes les fenêtres s’ouvrent, la foule déferle auprès de ceux qu’ils espéraient, la joie est dans l’air, le délire gagne tout le monde, les hurrahs succèdent au Vive la France (…) La libération de Dourdan, ainsi obtenue avec un minimum de violences, sera malheureusement endeuillée par le mort du jeune Noël ; partant à la recherche de soldats allemands que l’on disait cachés dans les prés et les bosquets qui s’étendent entre Dourdan et Roinville, il fut tué d’un coup de feu tiré par un très jeune soldat abrité derrière une haie ».