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Gisèle Gérard-Tolini

Portrait d’une cheffe d’orchestre et orchestratrice pour le cinéma, mais pas seulement

Gisèle Gérard-Tolini se joue des étiquettes, qu’on lui colle à elle ou bien que l’on colle aux chefs d’orchestre de musique classique ou lyrique, qui sortent des sentiers battus.

Essentielle en jazz, l’improvisation semble guider Gisèle Gérard-Tolini.

Une destinée dont le cheminement semblait écrit et qui s’échine à bousculer les évidences, comme autant de bifurcations qui composent une ligne de vie.

Accordéoniste, pianiste, percussionniste, elle fait ses classes au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, pour devenir cheffe d’orchestre.

Elle accomplit ainsi son rêve formulé à l’âge de 12-13 ans devant un opéra au théâtre de Limoges.

Elle décroche 5 prix en harmonie, contrepoint, fugue et formes, analyse et orchestration.

Le prix de la liberté : celle de diriger des oeuvres symphoniques, puis des opéras et de bifurquer vers un artiste comme Eddy Mitchell dont elle dirige l’orchestre en 2000 ou le cinéma.

Près de 70 collaborations dans l’univers du cinéma, de Ma belle étoile à Taken, en passant par Le fils à Jo, 15 ans et demi…

Des expériences et surtout des rencontres avec une histoire, un réalisateur, un artiste, un univers.

L’opéra, c’est une mise en scène, des chanteurs, des techniciens, une musique au service d’une histoire, d’un livret, du spectacle vivant. Le cinéma, c’est le rapport unique et différent à chaque fois selon le réalisateur, le récit, de la musique à l’image.

Deux univers où les individualités sont au service du collectif et de l’oeuvre.

Une vision et une intensité qu’elle retrouve lorsqu’elle décide, sans filet, d’accompagner Hubert-Félix Thiéfaine, notamment aux Eurockéennes de Belfort en 2017.

Photographie : © Marion Bonnet

De la solitude à l’oeuvre collective

Menant de front, pendant une partie de sa carrière, la direction d’orchestre de spectacle vivant, l’opéra surtout, ainsi que l’orchestration et la direction d’orchestre pour le cinéma, Gisèle Gérard-Tolini se consacre désormais aux musiques de films.

Une passion pour ce media qu’un membre du jury au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris avait su détecter, il y a quelques années.

Une passion exigeante.

Après réception des séquences, des différents montages et d’échanges avec le réalisateur, elle entame un travail intense, de plusieurs semaines à plusieurs mois, pour peindre des intentions, une ambiance, une mélodie… au plus près de la volonté du réalisateur.

Qui peut, comme Lola Doillon, sur Le voyage de Fanny, décider au milieu du film de privilégier un orchestre symphonique à une formation intimiste, nécessitant une nouvelle composition et orchestration…

Pour des réalisateurs, la musique peut être liée à un personnage, un sentiment et même le représenter. Tout est question de ressenti et de vision du réalisateur.

Selon les projets, son intervention peut se limiter aux arrangements d’une composition, à la direction de l’ensemble en studio pour les enregistrements ou le plus souvent les deux. Et parfois même la composition.

On retrouve du monde, le monde. On partage un bout de chemin, on construit l’oeuvre pendant plusieurs heures, plusieurs jours. Elle prend vie.

Pour l’épauler, elle a fidélisé des musiciens en France et en Belgique. Des compagnons de route, qu’elle espère mobiliser sur des documentaires historiques, un genre qu’elle affectionne.

Retour sur le concert de l’EOD de la nouvelle année (29 janvier 2017)

Faire vivre un ensemble à Dourdan

Le début de l’Ensemble orchestral de Dourdan et de l’aventure de Gisèle Gérard-Tolini à sa direction est lié à une rencontre.

Je voulais me mettre au violon. Je me suis donc inscrite au Conservatoire. Hubert Charpentier est devenu mon professeur. J’ai pratiqué pendant 4 ans. Je ne suis pas devenue une grande instrumentiste, malgré la grande pédagogie du professeur. Il m’a appris à mieux comprendre cet instrument et m’a surtout convaincu de diriger l’Ensemble orchestral, composé de grands élèves.

En 3 ans, l’EOD a su donner corps à son projet : permettre aux amateurs de jouer en orchestre, de donner des concerts avec une vraie exigence, réunir différentes générations, démystifier le concert classique auprès du public. Tous les mardis à 20h45, ces passionnés qui ne manquent jamais une répétition avec Gisèle Gérard-Tolini, font croître la maîtrise de leur instrument et 3 fois par an, montent sur scène.

Cornistes, trombonistes, hautboïstes et autres instrumentistes sont les bienvenus.

Pour découvrir Gisèle Gérard-Tolini et l’Ensemble orchestral de Dourdan

Rendez-vous le 17 juin à 17h au centre culturel pour savourer l’Ouverture de Coriolan de Beethoven, le 1er Concerto pour clarinette de Weber et la Symphonie inachevée de Schubert. (entrée adulte : 5 €)